Les histoires, c'est comme la marche à pied

Histoires et bipédie : un même apprentissage

On ne s'en souvient pas, mais apprendre à marcher était un exploit. Des mois d'efforts, de chutes et de recommencements. Un jour, sans y penser, nous nous sommes levés et sommes partis à la conquête du monde.

Les histoires suivent le même chemin. Nous les absorbons dès notre naissance. Alors qu'elle nous apprennent à raconter le monde, nous échouons mille fois à lui donner du sens. Puis un jour, nous ne remarquons même plus que nous en créons sans cesse.

Le déséquilibre nécessaire

À chaque pas, on pourrait s'étonner. La marche humaine est un déséquilibre constant vers l'avant. Nous tombons littéralement à chaque mouvement, et notre pied nous rattrape juste à temps.

Cette bipédie unique parmi les mammifères a transformé notre rapport au monde. Elle nous a permis d'explorer l'espace autour de nous.

Les histoires font le même travail, mais dans une autre dimension. Si la marche nous permet d'explorer l'espace, les histoires nous font voyager dans le temps.

Le temps comme territoire

Penser en histoires, c'est percevoir le temps comme un territoire à explorer. C'est comprendre que tout a un début et une fin. C'est vivre dans ce déséquilibre permanent entre le regret du passé et l'espoir du futur.

Les animaux qui ne marchent pas sur deux pattes ne passent pas des années à apprendre cette compétence. De même, ils ne semblent pas construire leur identité autour d'histoires comme nous le faisons.

Notre façon de nous déplacer et notre façon d'être conscient du monde sont liées. Les deux définissent notre humanité.

La conscience change tout

Ces deux capacités spécifiquement humaines que sont la marche bipède et la narration partagent une caractéristique : elles s'enfouissent dans nos habitudes quotidiennes et nous les exerçons sans conscience, comme des automatismes invisibles. Les apprentissages laborieux de l'enfance sont loin derrière. Marcher, raconter - ces actions sont devenues invisibles, automatiques, inconscientes.

Mais la magie opère quand nous brisons cette routine.

Quand nous redevenons conscients de notre démarche, nous redécouvrons un territoire d'apprentissage immense. Nous pouvons affiner notre pas, améliorer notre posture, économiser notre énergie. Nous découvrons que nous pouvons courir sans nous fatiguer, danser avec grâce, grimper avec assurance. Devenir conscient de notre bipédie nous ouvre d'autres façons de nous déplacer, nous fait grandir, nous libère du seul mode de déplacement que nous connaissions.

Il en va exactement de même pour nos histoires. En apprenant comment se construisent les récits, nous gagnons un pouvoir immense. Nous devenons conscients des histoires que nous racontons aux autres et à nous-mêmes. Nous découvrons d'autres façons de raconter, d'autres structures, d'autres voix.

Et là, quelque chose de fascinant se produit. Nous comprenons que l'histoire que nous nous racontions sur nous-mêmes n'est qu'une version parmi tant d'autres possibles. Nous cessons de nous identifier complètement à ce récit qui, sans que nous le sachions, nous enfermait.

C'est là que commence la vraie liberté.

Un chemin vers la libération

Se libérer ne signifie pas abandonner les histoires, pas plus que se libérer ne signifie arrêter de marcher.

Se libérer, c'est marcher où on veut, quand on veut, comme on veut. Se libérer, c'est raconter les histoires qui nous élèvent et nous portent vers l'avant.

Les histoires sont votre grande bibliothèque. Vous êtes libres d'y choisir ce qui vous nourrit vraiment.

Et vous, quelle histoire vous racontez-vous aujourd'hui ? Est-elle choisie consciemment ou subie ?

Partagez vos réflexions en commentaire ou contactez-moi pour découvrir comment développer des histoires qui libèrent.

Arnaud Aussibal

Bonjour !

Je suis script doctor. Voilà mon métier. J'accompagne les créateurs. Films, romans, BD. Je les aide à faire pousser leurs histoires..

L'art de raconter, ça s'apprend. Comme un jardin qu'on cultive. Et quand on sait voir les histoires, le monde s'éclaire. On le traverse autrement.

Une histoire vous trotte dans la tête ? Écrivez-moi : aa@lerecit.net

Pour apprendre, c'est tout simple : lerecit.net. Mes formations vous y attendent, comme une porte ouverte.

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